Bom dia !
Voilà déjà deux mois que je suis arrivée au Brésil, ou devrais-je dire plutôt à São Paulo.
En effet, «São Paulo, ce n'est pas le Brésil » selon beaucoup d’étudiants ou de professeurs ici. Et il semblerait que l’École de commerce où j’étudie, la Fundação Getulio Vargas - Escola de Administração de Empresas de São Paulo, ainsi que les quartiers environnants s’apparentent à une « île », une île où les hélicoptères, moyens de transport des cadres dirigeants, vont et viennent entre les buildings de la longue Avenida Paulista. Il faut dire qu’en arrivant à São Paulo, j’ai de suite été choquée par les prix, les centres commerciaux flambants neufs… Bref, la richesse aux yeux de tous, y compris des innombrables personnes vivant dans la rue. C’est cela, je crois, la réalité d’un pays émergent, des inégalités exacerbées. Ainsi, il n’est pas rare de voir se côtoyer quartiers d’affaires et favelas dans une même zone géographique. Si je m’attendais à voir la pauvreté, je ne m’attendais clairement pas à découvrir une telle richesse. Voilà le premier apport d’une telle expérience dans un pays en plein boom économique.
Mon expérience académique à la FGV est enrichissante. Durant la première partie du semestre, je suis quatre cours : Stratégie dans les pays émergents, Management des Opérations, Culture et Politique au Brésil, et surtout Marketing pour les populations à bas revenus. Ce dernier intitulé peut sembler barbare à celui qui n’a pas eu la chance de franchir la porte de cette classe. Dans ce cours en effet, je pense avoir trouvé un centre d’intérêt réconciliant mon attachement à la fois à la justice sociale et à l’efficacité et l’esprit d’innovation émergents du secteur privé. Cet enseignement nous montre en effet comment les entreprises privées, que ce soient des petits entrepreneurs ou de grandes multinationales, peuvent aider à vaincre la pauvreté. Utopiste ? Peut-être un peu, mais j’ai toujours l’intime conviction, celle que certains trouveront naïve, que les rêves peuvent faire avancer le monde. Ce cours propose une situation « win-win », « gagnante-gagnante », où les entreprises tout comme la base de la pyramide (les consommateurs à faible revenus, les pauvres) y trouvent un gain, une piste à ne pas laisser de côté je crois. Mon mémoire de master devrait porter sur les solutions marketing des entreprises opérant « at the base of the pyramid », mais je n’ai pas encore le sujet exact. Parallèlement aux cours, je recherche un stage en Marketing pour le second semestre, dans le secteur des biens de grande consommation ou de la grande distribution.
Et le portugais ? Ça avance ! J’en oublie mon espagnol je dois dire. La meilleure solution pour apprendre le portugais c’est de parler avec des Brésiliens, mais cela n’est pas aisé. En effet nos cours sont en anglais et ils sont essentiellement fréquentés par des étudiants internationaux en échange. Mais les rencontres avec les Brésiliens se font peu à peu.
Je viens d’ailleurs d’intégrer l’association Conexão Social de la FGV, une organisation ayant pour but de rendre les élèves de la FGV conscients des défis du développement durable et du progrès social, via des conférences et rencontres d’une part, et des projets avec les quartiers pauvres de São Paulo d’autre part.
Et pour finir avec un peu plus de légèreté, la distraction. São Paulo est une ville où les principaux loisirs sont les restaurants, les bars, les boîtes de nuit, pour celui qui y consacrera un certain budget. Car en plus des prix souvent élevés, il faudra rentrer en taxi. Nous sommes en effet au Brésil et même si je ne sens pas menacée à chaque pas que je fais dans la rue, il convient de «faire attention » et d’éviter de se balader la nuit. Pour l’anecdote, il y a quelques jours, un braquage pas loin de l’arrêt de bus à fait plusieurs blessés parmi les passants. À São Paulo, les policiers pointent leurs armes sur un chauffeur de taxi ou des jeunes trainant sur un banc, pour un simple contrôle de routine (vu de mes yeux vu). Mais revenons aux loisirs. Malgré certains prix élevés, les restaurants proposent de nombreux « Rodizio », ces buffets à volonté qui proposent un bon rapport quantité-qualité-prix. Ce sera donc l’année des sushis à volonté. Nous oublierons pendant ce temps la « mentalité gastronomique » française, à savoir manger peu mais savourer. Les autres loisirs seront le cinéma, en portugais bien sûr, ou la piscine, où un mois sera nécessaire pour remplir les formalités d’inscription. Il y a quelques parcs à São Paulo mais la verdure se fait quand même rare.
Plusieurs musées aussi qu’il me reste à découvrir. Et puis, plus palpitant, durant les longs week-ends fériés, découvrir un Brésil plus naturel, îles, forêts, cascades…
À bientôt ! |