Chaque année depuis que notre club a été fondé, nous faisons partir des jeunes à l'étranger tandis qu'arrivent chez nous de jeunes étrangers. Ces échanges sont marqués de petites cérémonies.
Ainsi, depuis que je suis rotarien, j'ai vu chaque année les diaporamas des jeunes étrangers qui, à la veille de leur retour au pays, nous montrent leur famille et leur province etc. dans un français assez correct. Puis c'est au tour des français revenus chez eux de nous présenter un diaporama de leur famille d'accueil, de leur tour d'Amérique et des réjouissances auxquelles ils ont participé.
C'est au vu de ces diaporamas que l'idée s'est imposée qu'il y avait décidément trop de sourires, trop de familles chaleureuses et heureuses, trop de beaux paysages, d'écoles super, pour que cela soit tout à fait vrai, authentique, qu'il faudrait que les jeunes qui s'en vont puissent emmener dans leurs affaires un reportage sur la vie en France telle qu'elle est et nous ramènent un reportage investigatif sur le pays où ils sont allés.
Par la suite, j'ai eu connaissance de l'initiative de Jacques DAGUZAN, l'Europe et les jeunes : un jeune du district 1650 dans chaque pays de l'Union pendant un mois à la rencontre des jeunes de ces pays. Chacun rapporte un témoignage de ses contacts et des préoccupations de la jeunesse là-bas. J'ai eu le plaisir de visionner l'ensemble des oeuvres de 2006. Certaines sont bonnes et même très bonnes. Mais pour la plupart, il aurait été très profitable que les voyageurs aient eu à leur disposition un petit équipement vidéo (aujourd'hui à partir de 200 euros) et surtout une formation d'une semaine à l'esprit et aux techniques du reportage.
En cliquant sur le bouton suivant, vous trouverez le projet de formations au reportage vidéo.
Je suis conscient que cela revient assez cher : la formation, c'est fait de formateurs qualifiés, d'hébergement et de restauration. D'un autre côté, une telle formation donne un acquis pour la vie entière. Savoir réaliser une petite vidéo, cela fait clairement partie des compétences utiles. Les vidéos s'échangent grâce à l'ADSL (bientôt le super ADSL). Elles vont devenir aussi courantes qu'autrefois les courriers papier. Si autrefois il fallait savoir s'exprimer par écrit, aujourd'hui il faut apprendre à communiquer ses émotions à travers l'image.
Mieux communiquer pour mieux se comprendre et pour une plus grande efficacité dans nos actions.
Voici un certain temps qu'au sein de mon club, Laval Ambroise Paré, j'affirme que si nous pouvions voir et entendre nos clubs partenaires, comme s'ils étaient avec nous dans la même pièce, nous en tirerions beaucoup de bénéfice.
A un récent dîner du club, j'ai fait une communication orale sur ce thème et je pense les avoir convaincus.
Plutôt que de leur expliquer dans le détail les caractéristiques techniques de la Visio Conférence, j'ai préféré leur parler concrètement de la récente AIPM montée par notre club partenaire belge au Brésil, à laquelle nous participons.
Combien dans ce contexte, l'outil visio conférence aurait été utile !
DÉCLENCHEMENT DE L'ACTION
Le déclenchement de l'action, cela a été le contact direct entre notre délégation en Belgique et eux : sans contact humain, il n'y a pas de motivation. Il a donc fallu un voyage relativement coûteux d'une délégation d'un pays à un autre pour déclencher une action. Avec des contacts visuels et auditifs permanents, on peut obtenir le même résultat mais on auraa économisé beaucoup d'argent et pu informer tout le club. En effet, la délégation qui a pris la décision d'engagement, était constituée de 5 à 10 personnes. Tandis que suite à un contact en visio conférence enregistré, on peut faire une projection à l'ensemble des membres du club et prendre la décision avec tout le monde. Ce n'est pas pareil.
SUIVI DE L'ACTION
Nous n'avons plus eu d'informations de l'AIPM au Brésil que par les mails relatifs au montage administratif du dossier, auprès de la Fondation Rotary. Là les procédures étaient plutôt compliquées à monter avec les anglais, les belges et les brésiliens et cela a pris des mois. Pourtant beaucoup d'efforts et d'incompréhensions auraient été évités si on avait pu se voir et discuter ensemble ! Encore aujourd'hui, le dossier, bien qu'accepté par la fondation, pose un dernier problème et nous ne le résoudrons qu'en fin de semaine quand nos amis belges seront chez nous en France ! Le contact, toujours le contact !
Mais il y a un autre aspect qu'il ne faut jamais oublier : l'aspect humain de l'engagement. Les membres de notre club ont entendu parler d'une AIPM au Brésil consistant à acheter une voiture pour le ramassage des enfants abandonnés de la rue et pour les mettre en lieux sûrs. Vous avouerez que c'est une action du plus grand intérêt sur le plan humanitaire. Seulement, nous en France, nous n'avons rien vu de ce qui se passait au Brésil, personne ne nous a expliqué les drames d'une petite ville brésilienne.
Alors, la motivation de nos membres, elle n'a pas été éveillée. Nous en sommes restés à des contacts administratifs là où il devait y avoir de l'humain. Je pense qu'un reportage vidéo brésilien et un contact par visio conférence avec eux aurait changé radicalement la situation.
APRÈS LA RÉALISATION DE L'ACTION
Nos amis belges nous invitent à partir au Brésil avec eux en délégation pour faire connaissance avec les brésiliens.
Malheureusement, le seul billet d'avion jusqu'à Brasilia coûtera 1000 euros et plus à chaque participant. Les autres frais ne seront pas moindres : voyager en Amérique Latine est d'un coût élevé. Ces sommes dépensées sont à rapprocher de la contribution demandée à notre club : 1500 dollars rotariens. C'est un peu déséquilibré, non ?
Alors encore une fois, pourquoi ne pas faire faire un reportage sur place et le regarder, le vivre en direct avec nos amis brésiliens (ils ne le sont pas encore mais ils le deviendront) ! Ca ce n'est pas très coûteux et cela serait un grand moment pour l'un et l'autre club. Et par la suite, nous pourrons avoir des témoignages sur ce que devient l'action, si la voiture est cassée et pourrit dans un parking avec le sigle rotarien sur la portière ou si au contraire, elle a permis à des gosses abandonnés de retrouver un peu de sécurité.
CONCLUSIONS
LES COÛTS
Maintenant que j'ai expliqué à travers un cas concret l'intérêt de la visio conférence, je puis donner le coût de ces techniques.
Au préalable, il faut disposer d'un micro ordinateur récent avec un processeur rapide. Nombreux sont les membres qui disposent d'un tel équipement. Je serais étonné que dans chaque club, il n'y ait pas également des membres équipés avec un vidéo projecteur et un écran portable. Il faut encore trouver une salle qui dispose d'une connexion ADSL rapide. Pour 1 à 4 personnes, on peut se contenter d'une webcam de bonne qualité. Il faut en outre un programme particulier, un microphone adapté, 2 enceintes : la dépense n'est que de 500 euros, plus éventuellement 500 euros en prestations de service. La communication sur le circuit IP est gratuite.
Et si l'on veut une vraie visio conférence avec une caméra tournante équipée d'un zoom, un son d'excellente qualité ? Les coûts ont énormément baissé et la technique s'est démocratisée. On peut aujourd'hui s'équiper de manière très correcte pour 3000 euros. Un tel équipement est à la portée de 3 à 5 clubs localement proches et qui se mettent d'accord.
On peut éventuellement trouver des salles prétées par un membre ou louées.
LES AUTRES UTILISATIONS
Si la visio conférence se répand, comme je le crois, alors il va falloir des fichiers annuaires de tous les clubs et districts et autres regroupements rotariens pour savoir qui on peut contacter par ce média. On pourra ainsi se faire de nouvelles relations, rendre service à d'autres clubs, quand on aura acquis une compétence utile, quand on aura fait un bon reportage, à proposer pour une conférence, quand on aura réalisé une action qui a réussi.
Franchement, point n'est nécessaire d'avoir une imagination débordante pour voir tout ce qu'il est possible de faire dès lors qu'on peut se voir, s'entendre à distance et se communiquer documents et vidéos.
Par Guy LE BRAS. Administrateur de Laval Mayenne Technopole, chargé de mission, Veolia Transport.
Membre du Rotary Club de Laval Ambroise Paré.
Ouest-France - Edition Saint-Malo du 22 mars 2007
Le mardi 25 juillet 2000, en milieu de matinée et alors que je participais à un salon informatique à la Nouvelle-Orléans, un appel téléphonique de mon épouse m'apprenait que le Concorde venait de s'écraser en faisant 109 morts. Ce drame fut largement commenté par la presse louisianaise qui, avec des mots simples et sincères, témoignait ainsi de l'amitié du plus francophone des Etats américains pour notre pays.
En ce mercredi 7 mars 2007, j'arrive à la Nouvelle-Orléans pour participer à un colloque franco-américain sur la « Reconstruction et la revitalisation des villes après une catastrophe ». Je pensais que, peut-être, cette belle ville allait se relever, plus vite que prévu, de la plus terrible des catastrophes naturelles de l'histoire des Etats-Unis.
C'est peu de dire que ma surprise et mon effroi furent complets quand, le lendemain, je parcourus les rues dévastées de Lakeview et du quartier pauvre de la Nouvelle-Orléans. Dix-huit mois après une catastrophe qui fit officiellement 1 500 morts (sans compter les milliers de disparus), j'ai vu, de mes propres yeux, une ville encore à 80 % détruite. Peut-on écouter, sans en avoir les larmes aux yeux, notre compatriote Isabelle Maret, professeur à l'Université de la Nouvelle-Orléans, expliquer, devant sa maison dévastée, qu'elle a tout perdu le 29 août 2005 hormis la vie ?
Le président Bush vient de déclarer : « Le sort des Louisianais est au cour des préoccupations du gouvernement fédéral ». La vérité oblige à dire que la reconstruction est encore balbutiante et qu'il faudra, selon les spécialistes, entre 10 et 30 ans pour que la ville puisse être reconstruite et encore pas totalement. La vérité oblique à dire qu'en 2006 il y a eu 161 meurtres et que la criminalité, qui avait baissé avant « Katrina », est remontée depuis à un taux sept fois supérieur à la moyenne nationale, faisant de la Nouvelle-Orléans la ville la plus dangereuse des Etats-Unis. La vérité oblige à dire que des reconstructions, autant dérisoires que pathétiques, sont engagées de façon anarchique par ceux qui veulent habiter de nouveau dans leur ancien quartier envers et contre tout, et surtout parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Ce faisant, les entreprise du bâtiment utilisent pour la reconstruction du bois de cyprès venu du Bayou, là où il assurait une protection naturelle contre les inondations.
La directrice du développement de la ville de La Nouvelle-Orléans, Donna Atkinson, à qui je demandais que faire pour aider cette communauté si proche de nous, me disait : « Ce qu'il faut faire en premier, c'est prier. Pais après, il faut faire pression ; pression sur les entreprises pour qu'elles reviennent travailler en Louisiane, pression sur les gouvernements pour qu'ils n'arrêtent pas de mettre la Louisiane à l'agenda de leurs discussions avec le gouvernement des Etats-Unis, pression sur les compagnies aériennes internationales pour qu'elles rétablissent les liaisons directes, et surtout ne pas arrêter de venir nous rendre visite ».
Après notre colloque, remarquablement organisé par le consulat de France à La Nouvelle-Orléans, l'émotion des élus français présents est à la mesure de la tâche que se sont fixée nos amis louisianais laquelle nous paraît impossible. Mais n'est-ce pas le grand écrivain américain Mark Twain qui a écrit : « Ils ne savaient pas que c'était impossible, ils l'ont fait ! » ? Alors oui, vraiment, n'oublions pas la Louisiane.